par Morris » jeu. 7 févr. 2013 04:14
Merci Michèle pour ta pertinente analyse. Comme tu vas le voir, cette analyse est plus pertinente encore que tu ne le penses toi-même.
Sa parution va me permettre d’apporter quelques précisions techniques sur l’élaboration de «Lucien »
Je tiens cependant à m'excuser par avance auprès de ceux qui n'aiment pas que l'on parle tèchenique lorsque l'on parle d'art...
Pour moi, la technique est à l'art ce que le maquillage est au visage d'une jolie femme.
Cela apporte beaucoup, surtout si on ne le voit pas !
Il semble évident que ce montage ne soit constitué que d’ «une seule image ». C’est pourtant faux.
Bien sûr l’œil du spectateur se déplace sur l’image de fond, le tableau de Marc Chagall.
Mais la simple vision du tableau, de ses détails, aurait été bien plate, bien terne si le cheminement de l’œil n’avait consisté qu’à parcourir le tableau dans ses deux dimensions seulement. ( pour être plus simple, un simple parcours de la surface du tableau)
Et c’est une trentaine d' images supplémentaires qui vont contribuer à l’animation de l’image de fond, du tableau ( à animer sa surface)
Il s’agit essentiellement , lorsque l’œil s’arrête sur un détail, d’images qui reproduisent ce détail, qui ont le même cadrage que le détail, mais qui ont été modifiées soit dans les couleurs soit par des déformations 3D (par exemple des rotations autour d’axes verticaux ou horizontaux).
C’est cela qui anime le tableau. L’œil semble ainsi pénétrer dans la matière même du tableau, dans sa profondeur . Au delà de la peau de la surface, on accède à l'intérieur même du ventre du tableau.......
Et c’est la présence de ces nombreuses images supplémentaires qui a constitué la difficulté principale pour l’élaboration de ce montage.
En effet, je ne disposais alors plus de l’échelle de temps de PTE pour placer, à la suite les unes des autres, mes images. Je devais placer ( et animer) cette trentaine d’images sur un segment de 15 centimètres environ ( et non gradué !).
L’extrémité gauche du segment était l’instant « 0 seconde » du diaporama
L’extrémité droite était l’instant « 2 minutes 40 ». La longueur du segment représentant la durée du diaporama.
15 cm où j'ai placé 178 points de transition ( Eh oui, je les ai comptés !). Rires !!!!!
Je reviens maintenant sur « certains mouvements trop accélérés qui mettent le spectateur mal à l’aise ».
Ce montage a été présenté « à blanc », en salle, sur grand écran, avec comme spectateurs-critiques mes copains du club « L’Iris Noir » de St Chamond.
La question de ces mouvements accélérés a été débattue avant que je n’envoie le montage « faire carrière » dans les salles de festivals….
Certains copains m’ont conseillé de modifier ces mouvements accélérés ( il suffisait d’introduire une petite pause en leur milieu). Je n’ai pas suivi leur conseil ( à tort peut-être, mais parce que je pensais, et pense encore, que ces mouvements brutaux ont un sens)
Quel sens ? Tu l’as toi-même découvert ce sens, Michèle, même si tu ne t’en es pas rendu compte !
Il est à remarquer que ces mouvements incriminés ne commencent qu’à la moitié du montage.
Au début, c’est « doux et rassurant » que se soit dans la diction du texte ou dans les mouvements de l’œil dans le tableau.
Puis, il faut montrer la peur, l’affolement, la perte de repères ……
Aussi les mouvements de l’œil s’accélèrent,. Cela tangue, cela roule. Et je veux que ce tangage, ce roulis, donne la nausée …. « mettent le spectateur mal à l’aise »
Le spectateur vomit lors de cet accouchement ? Mon but est atteint !
Merci Michèle pour ta pertinente analyse. Comme tu vas le voir, cette analyse est plus pertinente encore que tu ne le penses toi-même.
Sa parution va me permettre d’apporter quelques précisions techniques sur l’élaboration de «Lucien »
Je tiens cependant à m'excuser par avance auprès de ceux qui n'aiment pas que l'on parle tèchenique lorsque l'on parle d'art...
Pour moi, la technique est à l'art ce que le maquillage est au visage d'une jolie femme.
Cela apporte beaucoup, surtout si on ne le voit pas !
Il semble évident que ce montage ne soit constitué que d’ «[i]une seule image[/i] ». C’est pourtant faux.
Bien sûr l’œil du spectateur se déplace sur l’image de fond, le tableau de Marc Chagall.
Mais la simple vision du tableau, de ses détails, aurait été bien plate, bien terne si le cheminement de l’œil n’avait consisté qu’à parcourir le tableau dans ses deux dimensions seulement. ( pour être plus simple, un simple parcours de la surface du tableau)
Et c’est une trentaine d' images supplémentaires qui vont contribuer à l’animation de l’image de fond, du tableau ( à animer sa surface)
Il s’agit essentiellement , lorsque l’œil s’arrête sur un détail, d’images qui reproduisent ce détail, qui ont le même cadrage que le détail, mais qui ont été modifiées soit dans les couleurs soit par des déformations 3D (par exemple des rotations autour d’axes verticaux ou horizontaux).
C’est cela qui anime le tableau. L’œil semble ainsi pénétrer dans la matière même du tableau, dans sa profondeur . Au delà de la peau de la surface, on accède à l'intérieur même du ventre du tableau.......
Et c’est la présence de ces nombreuses images supplémentaires qui a constitué la difficulté principale pour l’élaboration de ce montage.
En effet, je ne disposais alors plus de l’échelle de temps de PTE pour placer, à la suite les unes des autres, mes images. Je devais placer ( et animer) cette trentaine d’images sur un segment de 15 centimètres environ ( et non gradué !).
L’extrémité gauche du segment était l’instant « 0 seconde » du diaporama
L’extrémité droite était l’instant « 2 minutes 40 ». La longueur du segment représentant la durée du diaporama.
15 cm où j'ai placé 178 points de transition ( Eh oui, je les ai comptés !). Rires !!!!!
Je reviens maintenant sur «[i] certains mouvements trop accélérés qui mettent le spectateur mal à l’aise[/i] ».
Ce montage a été présenté « [i]à blanc[/i] », en salle, sur grand écran, avec comme spectateurs-critiques mes copains du club « L’Iris Noir » de St Chamond.
La question de ces mouvements accélérés a été débattue avant que je n’envoie le montage « faire carrière » dans les salles de festivals….
Certains copains m’ont conseillé de modifier ces mouvements accélérés ( il suffisait d’introduire une petite pause en leur milieu). Je n’ai pas suivi leur conseil ( à tort peut-être, mais parce que je pensais, et pense encore, que ces mouvements brutaux ont un sens)
Quel sens ? Tu l’as toi-même découvert ce sens, Michèle, même si tu ne t’en es pas rendu compte !
Il est à remarquer que ces mouvements incriminés ne commencent qu’à la moitié du montage.
Au début, c’est « [i]doux et rassurant [/i]» que se soit dans la diction du texte ou dans les mouvements de l’œil dans le tableau.
Puis, il faut montrer la peur, l’affolement, la perte de repères ……
Aussi les mouvements de l’œil s’accélèrent,. Cela tangue, cela roule. Et je veux que ce tangage, ce roulis, donne la nausée …. « [i]mettent le spectateur mal à l’aise[/i] »
Le spectateur vomit lors de cet accouchement ? Mon but est atteint !